19 janvier 2010

L'humain, en mieux; par Marcellus

Invictus, de Clint Eastwood (2010)

bd0b34ca5e2dd9ad0dc32d8bfc9a5757_w350Un antilope d'Afrique australe que les Hollandais ont appelé "springbok" (bouc sauteur) ouvre la voie de la paix sociale en Afrique du sud, où Nelson Mandela est élu en 1994. Emprisonné de longues années pendant l'apartheid, le Président soumet son ressentiment à la raison. Sa vision rencontre l'étincelle qui fait vibrer la quintessence humaine: la hauteur de vue.

Grâce à ce springbok, Mandela se place au dessus du symbole d'une élection historique (le prix Nobel attribué par anticipation en 2009 à B. Obama est un appel à la réédition...)

Clint Eastwood montre d'abord la défiance des Afrikaners à l'égard de Mandela (joué avec grâce par Morgan Freeman), nous envoit ensuite dans le foyer du capitaine de l'équipe de rugby nationale (Matt Damon, impeccable)  des Springboks, composée quasi-uniquement de blancs (un seul joueur noir), et saisit les irrésolutions d'une élection, même historique: la haine qui se cristallise dans les deux camps.

Face à son entourage, proche, et politique, Mandela exige la renaissance de cette équipe impopulaire et découragée; et ce, en gardant le même staff non représentatif d'une Nation humiliée. Avec l'espoir de réconciler le pays dans le contexte de la coupe du monde de Rugby ayant lieu en Afrique du Sud en 1995.

Pendant cette année de préparation à la coupe, on regarde un pays s'interroger, se conforter et vibrer jusqu'à l'apothéose. C'est l'histoire d'une réconciliation par le sport via le politique.

Néanmoins, on pourra observer une dichotomie...

Vous savez, ces larmes qui coulent ou brouillent la vue de l'écran pendant une projection. Ici même, on peut opposer deux formes de larmes: les Stendhaliennes et les mièvres. Les premières sont exquises puisque provoquées par l'Art; les secondes, nous y sommes soumis, ce sont les larmes "Coca-Cola" chères à TF1...ces larmes de la provocation, du misérabilisme sont habituellement combattues par le film d'auteur.

Ce film de Clint Eastwood nous provoque ainsi à deux ou trois reprises. Dommage pour cette oeuvre qui n'en reste pas moins distrayante (les plans des matchs, avec ralentis et bruitages sont extraordinaires) et suffisamment dense pour n'être point mineure.

Marcellus

Posté par Marcellus_Wall à 18:18 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur L'humain, en mieux; par Marcellus

    Un bon film mais j'ai été dérangé par le manque de nuances dans le propos. Un peu plus de réalisme concernant la situation en Afrique du Sud aurait été de bon ton.

    Posté par alamissamoun, 24 janvier 2010 à 17:37 | | Répondre
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