04 mai 2010

Blessures fusionnelles, par Marcellus

Greenberg, de Noah BAUMBACH (2010)

Greenberg_Affiche_USEtre quadragénaire, seul, sortir un hôpital psychiatrique, déphasé, ex-meneur et désormais frappé par la non-illusion d'une vie qui avance, inéxorablement, en marge des désirs de l'Amérique de Robert Zimmermann; Roger Greenberg (Ben Stiller) s'y confronte à son retour au L.A natal après avoir matérialisé sa faillite personnelle à New-York.

Roger quitte Los Angeles suite à la séparation de son groupe de musique qu'il a lui-même provoquée. Il ne souhaitait en aucun cas répondre au cahier des charges du label qui était prêt à les propulser sous les projecteurs de la célébrité. Le musicien devient menuisier précaire à New-York.

Son frère l'invite à passer quelques jours dans sa maison cossue à L.A et lui donne la charge de Mahler, le chien. Puis une fille apparait. Florence, aide-ménagère, baby-sitter, vient en aide à Roger dans la lourde tache qui lui incombe: s'occuper de la maison. Elle lui plait, et c'est réciproque. La maîtrise de la forme manque aux deux, avec un plus pour Roger. Son premier contact physique avec Florence est un régal pour le spectateur mais un atroce moment de solitude pour Florence.

Une superbe scène montre Roger, seul et décalé, au milieu de ses anciens amis, qui ont tous réussi une vie sociale dans la norme. Roger n'a pas voulu se prostituer mais Roger est isolé.

D'une soirée avec l'Adolescence Hollywoodienne, on retiendra le malaise de l'inconfort face à la naïveté exploitée mais dont la limpidité n'est pas si aboutie, le choix musical de Serge Gainsbourg intervenant après le rail de cocaïne mais pendant la magnifique tirade de Ben Stiller qui synthétise l'état de son existence à son ami musicien (qui lui, s'est prostitué, et a abandonné Bob Dylan).

Federico Fellini s'incruste également avec ce curieux cadavre animal qui divertit le public autour de la piscine (référence à la Dolce Vita d'après certains journalistes lucides). Roger voit en cette carcasse son probable destin. Le lendemain, il est publié dans le New-York Times, s'apprête à investir l'Australie, puis renonce pour un trésor plus étincelant...

Hurt people hurt people ? Il y a ici, dans l'acharnement du destin, l'entrevue de la guérison. Les gens blessés se nourrissent mutuellement. Le réel nous éblouit au cinéma.

Marcellus


Commentaires sur Blessures fusionnelles, par Marcellus

    Ben stiller est-il à l'aise avec ce rôle?
    quand je pense à lui j'ai inévitablement la vision nette et sans faille du gland dans Mary....
    là ou commence le bon jeu physique d'un cowboy est de passer d'un cheval à l'autre en priant que les deux équidés ne se fassent pas la malle chacun de leur cotés.j'te laisse réfléchir là dessus...
    Kektudi

    Posté par kektudi, 04 mai 2010 à 22:38 | | Répondre
  • Intéressant, je n'avais pas du tout prêté à ce film, je l'imaginais comme une comédie américaine de plus. Merci du tuyau.

    Posté par alamissamoun, 10 mai 2010 à 22:54 | | Répondre
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