14 octobre 2011

L'essentiel est ailleurs, par Marcellus

The Artist, de Michel HAZANAVICIUS (2011)

 

the_artist__300    Une salle de cinéma comme on la rêve, large orchestre, balcons, ornements, un public consacré à l'évènement, un monde, une époque (1927) constituent l'action de base du film. Georges Valentin (Jean DUJARDIN) est l'acteur vedette du film présenté ce soir là et offre sa présence en fin de projection au public survolté. Il croise par un heureux hasard Peppy Miller (Bérénice BEJO), fan absolue; les journalistes s'emparent de ce moment et fabriquent l'îcone Miller.

La jeune femme réussit à tourner avec Valentin, qui, loin d'être étranger à la naissance de la star, est peu de temps après détrôné, puis oublié des producteurs et du public préférant le nouveau cinéma parlant. Traversée du désert pour Valentin, dernier défenseur du cinéma muet. Son amour pour Peppy Miller l'entretient alors que son orgueil le détruit.

Le risque de Michel HAZANAVICIUS est incontestable; réaliser un film muet en 2011, mimer les plans des années 20-30, et attirer les spectateurs en salle exige, me semble-t-il, sang froid et confiance chez les producteurs. A l'heure qu'il est, je peux affirmer sans riquer la contradiction que les deux premiers points sont formidablement réussis. Même si quelques paroles et bruitages viennent ponctuer ce film-hommage.

Sur ce point, une scène provoque l'exaltation. Un rêve de Valentin lui fait entendre tous les bruits_le verre, le chien, les starlettes qui ricannent_alors que lui même ne peut pas s'entendre quand il parle, quand il crie. C'est en fait un cauchemard et son réveil devient une ode au silence. Ce soupir de quelques secondes où l'on voit le personnage se lever et sortir de la chambre provoque en nous la plus délicieuse des musiques.

Les acteurs jouent une partition audacieuse, Jean DUJARDIN maîtrise avec jubilation son sujet et nous emmène avec lui. Cannes l'a récompensé, on s'en souvient, sous la présidence de Robert DE NIRO. Plus encore, Bérénice BEJO crève l'écran; elle interprète son personnage avec élégance et un charme manifestement intemporel !

Enfin, la pose musicale fonctionne à merveille, surtout au moment des retrouvailles entre Georges et Peppy orchestrées par l'envoûtante "Love Scene" de Bernard HERMANN (issu de Vertigo d'Alfred HITCHCOCK).

Marcellus 

 

 


Commentaires sur L'essentiel est ailleurs, par Marcellus

    Un divertissement vraiment sympa, au delà du scénario assez peu original, c'est la mise en scène et le jeu de Jean Dujardin qui font toute la différence. A voir.

    Posté par alamissamoun, 16 octobre 2011 à 19:40 | | Répondre
  • Bonjour, pas eu le coup de foudre pour ce film mais comme je suis un peu chauvine, je suis ravie que The artist vient d'avoir 10 nominations aux Oscars de 2012. Bonne soirée.

    Posté par dasola, 25 janvier 2012 à 17:06 | | Répondre
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